BYCYCLING: ÊTRE PAYÉ POUR PÉDALER

Des firmes rémunèrent leurs employés cyclistes via une app

« Le travail, c’est la santé » chantait ironiquement le regretté Henri Salvador… eh bien, la technologie du 3e millénaire semble démontrer que c’est effectivement le cas!

Le concept

Lancée en février dernier, ByCycling est une application qui permet aux entreprises de passer un accord « sportif » avec leurs employés. Si ces derniers viennent travailler à vélo, ils sont récompensés de quelques deniers. Quel en est le bénéfice pour l’entreprise? D’après Jose Diaz, cofondateur et CEO de ByCycling, un employé qui pratique une activité physique régulière est plus performant et moins souvent absent:

«Nous savons que les entreprises sont disposées à dépenser de l’argent pour créer un mode de vie sain pour leur main-d’œuvre, sachant qu’elles ont tout à y gagner! Au final, elles économisent beaucoup d’argent grâce à la diminution des congés maladie et à la hausse de la productivité».

Les études réalisées par ByCycling identifient deux moteurs principaux dans la motivation de l’employé à se rendre au travail en vélo: l’oseille et les copains. 70% des gens pensent que l’argent comptant est la récompense la plus motivante, 72% sont prêts à enfourcher leur bécane si un collègue les encourage à le faire.

Vous vous en êtes sûrement doutés, cette entreprise, pourtant espagnole, est basée aux Pays-Bas, où les cyclistes sont rois et la topographie clémente avec les mollets.

Comment ça marche?

L’application utilise un algorithme qui détecte la vitesse de l’employé et identifie quand celui-ci est à vélo, sans qu’il soit obligé d’activer une fonction pour signaler son trajet. (À savoir que l’utilisateur peut toutefois désactiver la localisation à tout moment).

À la fin du mois, l’employeur convertit les kilomètres enregistrés par l’employé, en espèces ou en vacances supplémentaires. Les entreprises sont libres d’établir leurs propres budgets, mais le tarif suggéré tourne autour des 25 à 30 cents au kilomètre. Acato, une des premières entreprises du pays à avoir adhéré au système estime que ses employé(e)s cyclistes touchent l’équivalent de 50$ par mois… de quoi s’offrir un bon resto sans mettre en faillite son patron.

Pour pimenter le jeu, l’application permet de mettre les travailleurs ou les départements en concurrence. Une manière ludique de favoriser la cohésion sociale et d’encourager les participants à se dépasser… enfin tout dépend de la taille de leur égo. C’est aussi la porte ouverte aux pneus dégonflés si les employés sont aussi mauvais joueurs que moi! (ceci est une blague, vous êtes priés de ne pas saboter les vélos de vos petits collègues.)

Le cycliste peut également visualiser ses parcours ainsi que ses statistiques et se voit proposer des entrainements spécifiques pour améliorer ses performances. Mais le grand gagnant reste l’environnement!

Est-ce que ça prend?

Dans les pays nordiques, oui! Les espaces urbains étant particulièrement vélo-friendly, et la population déjà convertie aux joies du 2 roues, ByCycling est plutôt bien accueillie. Selon KPN, une grande entreprise de télécommunication néerlandaise qui teste également l’application, certains employés qui habitent trop loin pour venir tous les jour en vélo (à plus de 15 km), font le compromis de lâcher le volant pour le guidon une fois par semaine. L’initiative n’aurait peut-être pas été prise sans l’introduction de l’application.

En France, des projets similaires ont été testés sans grand succès. L’explication la plus plausible étant que les centres urbains restent hostiles aux cyclistes. Par exemple, les pistes cyclables sont trop souvent utilisées comme place de livraison. Selon les villes, rouler à vélo peut même être perçu comme une activité dangereuse et que, contrairement au pays nordiques, les entreprises qui mettent des douches, des casiers et des parcs à vélos à disposition de leurs employés, sont un peu moins courantes.

L’application déjà disponible sur l’App Store arrivera prochainement sur Android.

Plus d’infos sur: www.cashbycycling.com

Leïla Rölli

Sources Fast Company.