« RURALITY », POUR UN MONDE DURABLE

L'ONG "The Forest Trust" remet le paysan au cœur de la société

The Forest Trust, ou TFT pour les intimes, est une  organisation à but non lucratif créée en 1999 au Royaume-Uni (plus si uni que ça d’ailleurs) active dans 14 pays et dont le siège se trouve en Suisse. Son objectif est d’accompagner les entreprises et les communautés vers la mise sur le marché de produits responsables. En Vert Et Contre Tout a été convié à une conférence sur son initiative Rurality, et c’est Fanny qui se colle au rapport!

L’initiative Rurality a été présentée aux médias jeudi 30 mars à Pully (Suisse) avec, en entrée, le film « Paysans », et en dessert, une table ronde sur l’état actuel du monde rural. Une thématique brûlante et passionnante dont je vous livre ici un petit aperçu.

Si vous ne l’avez pas vu, je vous conseille vivement le nouveau court métrage joliment touchant et positif de Sylvain Renou, « Paysans », qui présente un va et vient entre deux paysans reconvertis et passionnés : Antoine, éleveur laitier en France et Amara, producteur de cacao et d’huile de palme en Côte d’Ivoire. En ouvrant sa conférence avec ce documentaire, TFT marque des points. Un parti pris créatif osé et réussi, et des témoignages qui donnent à la fois la banane, la pêche et la patate, la soirée commence bien!

Rurality

Après cette mise en bouche saupoudrée d’espoir, on nous présente le plat de résistance: Rurality. Rurality, est donc une initiative de l’ONG The Forest Trust, qui a pour but d’aider les paysans à lutter contre les non-sens actuels qui minent leur quotidien: marges minables, harassement des terres par une agriculture trop productiviste, calibrage abusifs des fruits et légumes par la grande distribution….
Comment agit TFT? En allant sur le terrain, rencontrer les agriculteurs du monde entier, et en les aidant à évaluer les risques dans le lancement d’un nouveau projet, d’un nouvel investissement.

« Près de 2 milliards de personnes travaillent dans de petites fermes, souvent familiales. Ces agriculteurs ne sont pas seulement la pierre angulaire des chaînes d’approvisionnement; Ce sont des innovateurs susceptibles d’avoir une incidence profonde et positive sur les écosystèmes humains et naturels qui les entourent. Rurality estime qu’ils sont des entrepreneurs qui devraient être habilités à réaliser leurs visions.

La pensée créative et l’esprit d’entreprise abondent au bas de la chaîne d’approvisionnement – ce qui manque souvent est le soutien et les bonnes connexions. Rurality aide les agriculteurs à développer leurs propres capacités grâce à l’utilisation stratégique des liens de marché et des chaînes d’approvisionnement ainsi qu’à travers des experts et des partenaires qui peuvent aider à réaliser la vision des leaders des petites entreprises. »

Le travail de TFT, et l’essence même de Rurality, est de remettre l’agriculteur, celui qui nourrit la population, au cœur de la société…un travail titanesque pour une initiative louable!

Ci-après, Lisa Yambau de TFT explique (en anglais)  son travail quotidien auprès de producteur de la controversée huile de palme en Malaisie.

Table ronde

Pour terminer, plusieurs acteurs de la chaine d’approvisionnement se sont exprimé sur le projet. Parmi eux, Lisa Gerber, agricultrice vaudoise, Frederic Brand, chef du service de l’agriculture du canton de Vaud, ou encore Benjamin Ware, chef approvisionnement responsable chez Nestlé (et bien d’autres).

Une discussion très intéressante, où il fut question du champ des possibles pour améliorer la condition des agriculteurs, où même le géant à l’éthique plus que discutable (Nestlé) a créé une équipe d’une dizaine de personnes pour aller à la rencontre des paysans à la base de sa chaine d’approvisionnement…nouvelle technique marketing ou réel changement d’éthique de la part du géant? À vous de juger.

En bref, une tonne d’informations intéressantes, d’idées géniales et, au final, espérons très fort que l’initiative Rurality fera des petits, car seulement une prise de conscience collective et des actions de la part de tous pourra sauver le métier d’agriculteur des absurdités qui le rongent.

« Ce qui manque cruellement aux paysans, c’est le contact direct avec les consommateurs. En plus de vendre leur production à un prix plus juste, cela créerait plus de liens, plus de visites et de rencontres et au final plus de compréhension entre nous tous » Lisa Gerber, agricultrice dans le canton de Vaud.

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Fanny Desfray