BUVEZ DES BIÈRES, SAUVEZ DES PLAGES!

Né sable, tu redeviendras sable... en gros.

La Nouvelle-Zélande, ce sont des paysages à couper le souffle appréciés des hobbits, des moutons plus nombreux que la population et surtout, des idées suffisamment folles pour être… considérées. DB Export, l’un des brasseurs les plus connus du pays, s’est mis en tête de pulvériser des bouteilles usagées pour les transformer en sable et faire face à la raréfaction de ce dernier… tout en s’offrant un petit greenwashing au passage.

La raréfaction du sable

Le sable est partout: dans les matériaux de construction,  les ordinateurs, les filtres à eau et évidemment, dans le verre dont sont faites, entre autres, les bouteilles de bière. Victime de son succès, le sable disparait. L’extraction au large provoque l’érosion des côtes, puisque le sable des plages glisse pour combler les trous creusés plus loin. Un drame silencieux qui détruit l’environnement et prive de nombreuses espèces de leur habitat. Mais pourquoi n’utilise-t-on pas du sable de désert, il y en a bien assez?  Eh bien malheureusement, les grains de déserts, comme celui du Sahara, sont trop ronds pour être utilisés dans la construction… c’est ballot!

Afin d’enrayer le grignotage de l’île des kiwis, DB Export a donc développé une flotte de machines capables d’écraser les vieilles bouteilles vides et d’en faire un substitut au sable naturel et ainsi « sauver les plages vierges de la nation ». Les appareils, semblables à de gros distributeurs de boissons, sont destinés à être installées dans les bars du pays, afin que le consommateur puisse broyer lui même son contenant et éprouver le sentiment d’agir directement pour l’environnement (nous y reviendrons sur plus tard).

Comment ça marche?

Après avoir fini sa bière, il suffit de passer la bouteille à travers le trou prévu à cet effet. Il ne faut que 5 secondes au mécanisme pour produire 200 grammes de sable de verre pur, en prenant soin d’isoler l’étiquetage plastifié et la poussière de silice.  À noter que l’orifice est découpé en fonction de la silhouette des bouteilles DB Export et que la vidéo ci-dessous ne nous dit pas ce qu’il se passe si une autre marque venait à introduire le système.

Explications et démonstration:

Vous l’aurez compris, le but n’est pas de reverser ce sable aux saveurs de houblons sur les rivages – on ose à peine imaginer la brûlure d’un bain dans l’océan après s’être roulé dans du verre pilé – mais bien de l’utiliser à la place du sable naturel, dans le domaine de la construction principalement.

Fausse ou véritable bonne idée?

Réutiliser le verre pour nos constructions plutôt que de piller les fonds marins? Je suis pour. Il n’y a pas de petites actions en ce qui concerne la lutte pour la préservation de la nature et je me suis toujours dit que si une grande entreprise jouait la carte de l’écologie pour se faire de la pub, que ce soit sincère ou non, c’est toujours un pas dans la bonne direction. Je ne vais donc pas blâmer DB Export pour cette idée qui, ma foi, ne me semble pas si absurde.

DB Export récupère également le verre, sans distinction de marque et en broie une partie dans des centres dédiés comme expliqué sur le schéma ci-dessus. Je me demande alors s’il n’aurait pas été plus judicieux de se tenir uniquement à cette option plutôt que de multiplier les appareils dans les bars, qui doivent sûrement être gourmands en énergie grise. Évidemment, DB Export y perdrait en visibilité et sa stratégie d’associer son nom à la satisfaction d’accomplir un geste pour la planète dans la tête du consommateur ne tiendrait plus. Mais on peut tout de même les féliciter pour avoir eu cette bonne idée.

Et pour ceux qui boivent les bières à la pression? Y a quoi comme solution?

Leïla Rölli

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