ANIMAUX: QUEL ÂGE AVAIT VOTRE VIANDE?

Prenons quelques minutes pour y penser

J’ai longtemps mangé de la viande sans trop me poser de questions

Nous sommes beaucoup à avoir été élevés avec l’idée que la viande est un privilège, un aliment coûteux qu’on se doit de présenter lorsqu’on invite quelqu’un chez soi. Ce n’est pas qu’elle était présente à tous les repas, mais il n’y avait pas de dimanche chez mamie sans rôti, ni de semaine sans au moins un met au poulet: grillé, en tajine, en émincé ou en tranches panées. Quel parent des 80’s n’a jamais dit à son enfant: « Si tu ne veux pas finir ton assiette, mange au moins ta viande! » ou « Le steak c’est plein de fer, ça donne de la force! »?

Et puis, avec l’élevage intensif et la baisse des prix, l’essor des fast foods aussi, la viande est devenue incontournable, voire banale. Alors que nos grands-parents n’en mangeaient pas plus d’une fois par semaine, la bidoche s’est incrustée dans notre routine alimentaire, avec toutes les horreurs en amont que cela implique.

Aujourd’hui, je n’en mange plus, à part à de rarissimes occasions, au restaurant, par dépit, lorsque les mets végétariens ne font clairement pas envie, ou quand je suis invitée chez quelqu’un et qu’on m’en propose. Je ne me vois pas refuser, car c’est encore pire de jeter,  mais pense à prévenir gentiment que la prochaine fois, « il n’y a pas besoin de prévoir une escalope pour moi, rien que des pâtes, ça suffira! ».

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Pour cet article, j’ai fait le choix de ne pas montrer les horreurs qui se passent dans les abattoirs, mais j’avais juste envie de partager avec vous ce tableau piqué sur le site de L214, l’association de protection des animaux connue notamment pour ses vidéos chocs. Un tableau qui exprime toute la cruauté de notre mode de consommation et qui révèle qu’on occulte facilement le lien entre l’animal en vie et celui qu’on retrouve dans notre assiette.

L’idée ici n’est pas de culpabiliser les carnivores, mais juste de mettre en lumière des faits méconnus, de susciter la réflexion et encourager à réduire sa consommation, à préférer des élevages plus éthiques (même s’il est difficile d’utiliser ce terme sans fâcher les plus convaincus d’entre nous) et de s’approvisionner directement chez le producteur.

Précisions encore que ce n’est pas parce qu’une viande est certifiée BIO que les animaux sont forcément mieux traités et que, quitte à manger de la viande, autant réduire la fréquence et dépenser un peu plus pour un animal élevé avec un semblant de dignité.

Leïla Rölli