FUTURE 3.0: LE BIO, LA BRUTE & LES PESTICIDES

Signez la pétition pour une Suisse libre de pesticides de synthèse!

Le 29 novembre 2016, la Feuille fédérale publiait l’initiative populaire « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse », lancée par le comité de Future 3.0. Citoyenne et apolitique, la démarche a pour but d’enrayer dans la production agricole, la transformation de ses produits et l’entretien du territoire l’utilisation de pesticides de synthèse, employés au détriment de l’homme et de la nature.

Les méfaits des pesticides de synthèse

Modifier la Constitution afin d’interdire l’utilisation de pesticides de synthèse, telle est la volonté du comité de l’initiative « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse », baptisé Future 3.0. Ses membres considèrent en effet qu’il est aujourd’hui possible de consommer des produits locaux et sains, libres de substances chimiques de synthèse, sans que les producteurs ne subissent de pertes financières, notamment parce que l’emploi de ces pesticides a un coût certain. Par ailleurs, ils souhaitent également interdire l’importation de produits en contenant.
Les méfaits des pesticides de synthèse dans l’agriculture ne sont plus à démontrer, puisque leur essence-même est, comme l’explique Future 3.0, de détruire les organismes qui s’attaquent aux cultures, tels que champignons, maladies, mauvaises herbes ou rongeurs. Au-delà du simple fait de les ingérer – ce qui peut être, rappelons-le joyeusement au passage, hautement cancérigène – leur emploi contamine les sols, les nappes phréatiques et les eaux ; interdire leur utilisation dépasse donc largement la question de la santé publique, puisque cela touche également les animaux, la nature et l’environnement.
Face à la toxicité de ces substances, les associations se mobilisent, les gouvernements réagissent. Pro Natura tire par exemple la sonnette d’alarme et exige avec sa campagne « Stop aux pesticides dans nos eaux ! » une réduction importante de l’utilisation de ces produits dans l’agriculture. L’Union européenne, elle, se dresse contre les néonicotinoïdes, insecticide dont l’usage nuit gravement aux insectes pollinisateurs, notamment aux abeilles. Elle vise à l’interdire en déposant un projet de réglementation.

Une agriculture sans pesticides de synthèse

Pourtant, l’usage des pesticides de synthèse n’est pas une fatalité. Parmi les divers profils des auteurs de l’initiative, certains sont eux-mêmes cultivateurs, comme Jean-Denis Perrochet, vigneron, qui pratique la viticulture en biodynamie sur la totalité de son domaine et qui explique que supprimer les pesticides de synthèse permettra une production alimentaire plus saine et une agriculture vraiment durable. […] C’est le seul concept possible pour préserver et assurer la vie et la pérennité de notre terre et de ses habitants. L’utilisation de pesticides naturels est une bonne alternative, déjà pratiquée dans l’agriculture biologique : en effet, les pesticides dits « de synthèse » se distinguent des pesticides issus de matières premières (par exemple le cuivre et le soufre) et des produits phytosanitaires biologiques.
Cette initiative populaire s’inscrit donc dans démarche éthique et humaine autant qu’elle entend lutter pour la préservation de nos écosystèmes. Pour la soutenir, rendez-vous sur www.future3.ch jusqu’au 29 mai 2018.

Leïla Weber