LE POIDS D’UN TOUT PETIT MÉGOT

Emmanuel compte... et raconte les mégots genevois

Il y a quelques mois, nous avons publié un article évoquant la situation préoccupante des mégots à Bruxelles. Quelque part au fond de moi, il me plaisait de croire qu’ici (en Suisse) on faisait attention et que le problème était moindre.

Puis, ce mardi, comme tous les matins, j’abandonne mon covoitureur pour entamer mes 12 minutes de marche matinale pour rejoindre mon lieu de travail. 850 mètres dans les rues de Genève qui me permettent en général d’apprécier les arbres et arbustes bordant mon chemin. Parfois j’en profite pour observer la capacité des conducteurs à être multitâches (certains se maquillent, d’autres répondent à des SMS, certains lisent le journal). Mais ce mardi cela a commencé par une vitre qui s’ouvre et un mégot qui tombe au pied du trottoir.

478 mégots sur 850 mètres

J’ai alors commencé à compter les mégots qui jonchaient le trottoir et ses abords sur le chemin menant à mon bureau. À ma grande surprise, cela s’est avéré plus difficile que prévu; j’ai dû par moments ralentir pour avoir le temps de tous les compter. Au final, ce sont 478 mégots que j’ai pu compter ce mardi matin sur une distance de 850 mètres. En supposant que cette situation est identique pour le reste de la ville de Genève, on peut en conclure que nous sommes à moins d’un mètre d’un mégot de cigarette lorsque l’on marche dans les rues de Genève.

Jeter son mégot par la fenêtre, c’est simple, ça reste sacrément pratique et puis, nous ne sommes pas (encore) dans une zone où le risque d’incendie lié à une cigarette est présent comme c’est le cas dans le sud de la France par exemple. Malheureusement, ce petit geste aux apparences anodines a un coût à la fois visuel, environnemental et financier. Il est bon de savoir aussi que ce geste apparenté à du “littering” (abandon de déchets sur la voie publique) est passible d’une amende allant de 100 à 300 francs (85 à 255 euros).

Un coût visuel

Profitez de votre prochaine ballade pour regarder par terre, si l’on ne passe pas juste après la balayeuse, c’est assez édifiant. Bien qu’assez complexe à déterminer, on peut imaginer l’impact sur l’image de la Suisse en général et donc indirectement du tourisme. La présence de mégots de cigarettes altère la qualité de vie des habitants et crée même des tensions entre fumeurs/non fumeurs. Un petit geste à éviter pour garder l’image d’excellence que représente la Suisse aujourd’hui, est-ce si cher payé ?

Potentiel impact que pourrait avoir la présence de mégots dans la nature

Un coût économique

Dans une étude menée en 2011 par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), on peut lire que le ramassage des mégots de cigarettes représente la plus grosse part des coûts de nettoyage imputable au littering. En 2010, la Suisse a dépensé 52.5 millions de CHF pour le nettoyage des mégots de cigarette jetés sur la voie publique(1).

Un coût écologique

En ce qui concerne le coût écologique, je vous invite à relire notre précédent article présentant plusieurs chiffres sur la toxicité des mégots. Pour ma part j’ai perdu l’appétit pour l’eau de source des montagnes quand j’ai aperçu la quantité de mégots jetés dans les stations de ski.

Heureusement, il existe plusieurs solutions comme:

  • Le cendrier de votre voiture (si si, ca existe encore)
  • Les cendriers jetables (il parait qu’on peut s’en procurer un gratuitement ici)
  • Soutenir les projets et associations oeuvrant contre ce phénomène (greenminded, LeoNotHappy)
  • Partager cet article ou tout simplement informer votre entourage sur l’impact d’un tel geste

Libre à chacun de faire sa part !

Emmanuel

(1)Source : https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/dechets/publications-etudes/publications/littering-cout.html

120’000 MÉGOTS RAMASSÉS À BRUXELLES!