LEGO: UN PLASTIQUE D’ORIGINE VÉGÉTALE

Le jeu de construction le plus célèbre au monde se met au vert

Du plastique à tous les étages

Combien d’heures avons nous passées agenouillés sur la moquette à assembler ces petites briques colorées? Entre les Micromachines, les Lego, les figurines de Schtroumpfs et autres poupées, notre enfance a été plus que plastifiée.

Bon marché, polyvalent et résistant, le plastique a séduit la majeure partie des industriels des 20 et 21e siècles, causant les problèmes environnementaux et sanitaires que l’on ne connait que trop: pollution des sols et des eaux, perturbateurs endocriniens, biodiversité en péril et continent de plastique.

D’après une une étude du Forum économique mondial et de la fondation Ellen McArthur,  l’utilisation du plastique a été multipliée par 20 depuis les années 50 et devrait encore doubler d’ici 20 ans. En 2050, on comptera plus de plastique que de poissons dans nos océans.

Un plastique « durable » chez Lego?

Entre les nouvelles exigences d’une partie des consommateurs et l’urgence de la situation, certains industriels tentent de trouver des solutions optimales pour le futur. C’est le cas de la firme danoise Lego, qui dès 2018, va produire des éléments en polyéthylène à base végétale, issu de la canne à sucre dans ce cas précis. L’objectif? Utiliser le maximum de matériaux durables dans ses produits d’ici 2030.

Pour commencer en douceur, et en toute logique, ce sont les figurines à l’effigie de végétaux qui devront bénéficier de ce changement. Ainsi, une partie des arbres, buissons et feuilles commercialisés à partir de 2019, qui représentent tout de même 1 à 2% du total de l’assortiment Lego, seront un peu plus écolos que les éléments faits en plastique conventionnel. Les niveaux de qualité et de sécurité, quant à eux, devraient rester inchangés.

Le WWF enthousiaste

Alix Grabowski du WWF se réjouit de cette initiative:

La décision du groupe Lego de rechercher des plastiques biosourcés issus de sources durables représente une incroyable opportunité pour réduire la dépendance aux ressources limitées, et leur travail avec la Bioplastic Feedstock Alliance va leur permettre de se connecter avec d’autres entreprises pour continuer à penser de manière créative à propos de la durabilité.

Et ce polyéthylène de canne à sucre, c’est quoi?

Il s’agit toujours de plastique, mais un plastique exempt de pétrole, remplacé ici par une huile végétale issue de la canne à sucre. On limite donc le recourt aux ressources fossiles, ce qui est un bon point.

Ce « bioplastique » possède les mêmes propriétés physiques et chimiques que le polyéthylène dérivé du pétrole. Autre avantage, et non des moindres, aucune modification n’est nécessaire sur les chaînes de production lorsqu’on opère la transition du plastique classique au plastique « végétal ». Encore un bon point.

Attention! Plastique végétal ne veut pas dire biodégradable dans le sens où on le conçoit. On ne pourra pas semer ses Legos dans le compost en espérant booster la récolte. Toutefois, cette matière peut être compostée industriellement ou recyclée… 1 point pour Gryffondor!

MAIS…

Remarque n°1: il ne faudrait pas que l’attrait des industriels pour ces « bioplastiques » augmente la production de canne à sucre, déjà dans le top 3 des causes de la déforestation au Brésil, avec la culture soja et l’élevage intensif.

On peut alors se demander si un Lego en PET recyclé, une gamme faite à partir de plastique récupéré dans les océans, n’aurait pas été plus pertinente.

Remarque n°2: les bioplastiques sont loin de faire l’unanimité, notamment en raison du compostage industriel qui, s’il n’émet pas directement de CO2, produit tout de même du méthane, un gaz a effet de serre costaud… mais qui peut aussi être revalorisé. La question est donc complexe.

Plus d’infos à ce propos ici: www.encyclo-ecolo.com/Bioplastique

Alors Lego? Réelle reconversion vers le vert? Ou simple opération marketing?

 

Leïla Rölli