GREENPEACE: MOINS MAIS MIEUX 2e PARTIE

Cloé détaille le dernier rapport de Greenpeace sur l'industrie de la viande

Avertissement: Cloé de greeneat_ch décrypte pour nous le rapport de Greenpeace paru le 5 mars. Son compte rendu étant très complet, il sera publié en plusieurs parties.

Chapitre 2

Impacts de la production de viande

et de produits laitiers sur l’environnement

« […] l’agriculture, et en particulier l’élevage, comptent parmi les principaux facteurs responsables de la perte de biodiversité au niveau mondial. Autrement dit, ce que nous mangeons met notre monde en péril. »

En continuant comme cela, on se dirige vers un point de non-retour… Pour introduire la question, le rapport de Greenpeace publié le 5 mars « Moins mais mieux – Moins de viande & de produits laitiers pour une planète en bonne santé » explique et utilise le terme de « limites planétaires ».

En bref, les scientifiques ont déterminé neuf limites qui représentent les capacités de la terre à assurer le maintien de la vie. Le problème ? Quatre de ces limites ont déjà été passablement dépassées :

1. Le changement dans l’affectation des terres

2. La perte de la biodiversité

3. La pollution à l’azote et au phosphore

4. Les changements climatiques

La production de produits animaux menace six de ces neuf limites et, en ne changeant rien, celles-ci risquent d’être atteinte à un point qui laissera des traces irrémédiables. Le rapport en développe quelques-unes :

1. Changement d’affectation des sols :

L’élevage est le principal facteur du changement d’exploitation des sols, cela résulte en la destruction de forêts, prairies etc., entraînant la modification irréversible d’écosystèmes entiers et ayant des répercussions sur les espèces y vivant. Ces conséquences ne sont pas visibles pour la plupart d’entre nous puisque celles-ci concernent les principaux pays producteurs de céréales destinées au bétail : USA / Brésil etc… Certaines études estiment que les surfaces nécessaires à la production animale (pâturage + alimentation) représentent 75 à 85% des terres agricoles. La production de viande bovine est celle requérant le plus de terre du fait de la nécessité accrue en nourriture pour le bétail. Cependant, le simple fait de ne faire que passer à un autre type de viande ne résoudrait absolument pas le problème !

2. Perte de biodiversité :

Vous avez probablement déjà entendu parler du fait que nous étions en train de vivre la 6ème extinction de masse… En effet, les taux d’extinction ces dernières années sont 1100 fois supérieurs à leurs niveaux naturels. En suivant le programme de Greenpeace, ce taux pourrait baisser de 20 à 40% !
En quoi l’élevage a-t-il un impact sur cela ? Et bien du fait des surfaces agricoles qui détruisent et polluent gravement l’habitat naturel des espèces indigènes. Il est l’une des principale cause d’extinction des grandes espèces carnivores et herbivores.

3. La pollution à l’azote et au phosphore :

Ces polluants provenant de l’élevage font d’énormes dégâts dans les points d’eaux, résultant en une prolifération d’algues qui puisent énormément d’oxygène dans l’eau n’en laissant plus assez pour les espèces aquatiques qui dépérissent, créant ainsi des « zones mortes ». Il ne faut pas non plus oublier les engrais/pesticides utilisés pour produire les céréales destinées au bétail…

“Le nombre de zones mortes a augmenté de 75 % depuis 1992. On en compte aujourd’hui plus de 600 dans le monde.”

4. Consommation d’eau douce :

Saviez-vous qu’1 kilo de bœuf requiert 6 fois plus d’eau qu’un kilo de légumineuses ? En sachant qu’un kilo de légumineuses est bien plus nutritif qu’un kilo de bœuf, le choix est vite fait…
Certaines études estiment que si les pays industrialisés passaient à un régime végétarien, l’empreinte hydrique résultant de l’agriculture pourrait baisser de 36% !

5. Les antimicrobiens et antibiotiques

Les animaux étant vecteurs d’énormément de bactéries et de maladies, les éleveurs utilisent des antibiotiques et autres médicaments afin d’éviter la propagation. Cependant, l’utilisation intensive des ces substances engendre une résistance des bactéries/virus qui ont des conséquences irréversibles pour tous les êtres vivants.

« Certaines souches d’agents pathogènes pour les humains et les animaux d’élevage devenues résistantes aux traitements, telles que Campylobacter spp.et Salmonella spp., sont aujourd’hui très répandues. »

Quelques chiffres :

  • « Entre 1960 et 2011, soit en 50 ans seulement, l’élevage a été à l’origine de 65 % des changements relatifs à l’utilisation des terres et de l’expansion des zones de cultures. »
  • « […] la superficie des terres nécessaires à l’élevage (cultures et pâturages) représenterait 75 à 80 % de l’ensemble des terres agricoles […] »
  • « Orienter davantage notre alimentation vers un régime végétal pourrait contribuer à réduire de 20 à 40 % la projection d’augmentation du risque d’extinction des espèces de mammifères et d’oiseaux de grande taille et de taille moyenne à l’horizon 2060. »

Cloé Dutoit

Retrouvez toutes les recettes de Cloé (in english, please!) sur son site: Greeneatch.wordpress.com et sur son compte Instagram

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