L’INVASION DES ALGUES BLEUES

Myriam nous explique la prolifération de cette étrange bactérie

Les algues bleues qu’est-ce que c’est ?

Les algues bleues ne sont en réalité pas des algues, mais des amas gluants et filamenteux de cyanobactéries. Si certaines espèces sont inoffensives, voire bénéfiques, comme la spiruline, d’autres sont, en revanche, un véritable fléau écologique.

Malgré leur nom (de cyano=bleu + Bacterium), les cyanobactéries ne sont bleues que dans 50% des cas. Leur couleur peut varier entre le doré, le jaune, le rouge, le brun, le vert, le violet et j’en passe.

La grande oxydation ou la catastrophe de l’oxygène

Depuis leur apparition sur notre planète, il y a plus de 3,5 milliards d’années, les algues bleues sèment le chaos là où elles prolifèrent. Elles sont notamment responsables de la « grande oxydation » il y a 2,4 milliards d’années.

En gros, les algues bleues présentes dans les océans ont produit de telles quantités de dioxygène que les métaux contenus dans l’eau ont été rongés, les plages ont pris une jolie couleur rouille, le niveau d’oxygène de l’air est devenu si élevé qu’il en est devenu toxique, provocant la mort de la plupart des êtres vivants. Puis l’oxygène libre a fait réagir le méthane atmosphérique, transformant la terre en boule de glace. Merci qui ? Merci les cyanobactéries !

Quand la couche de glace a fini par fondre, il y a 2,1 milliards d’années, les nutriments qui se trouvaient sur les continents sont venus enrichir les océans, en d’autres termes, les cyanobactéries se sont goinfrées (parce qu’elles ont survécu, elles), ont produit encore plus d’oxygène, suite à quoi les organismes multicellulaires ont vu le jour, la couche d’ozone s’est formée permettant l’accroissement de la biodiversité.

Pourquoi les algues bleues sont problématiques ?

Pas moins de 40 espèces connues sécrètent des cyanotoxines, ces dernières empoisonnent la faune marine et terrestre et sont une des causes de mortalités massives (En 2004, 107 grands dauphins se sont échoués en Floride après avoir ingéré des poissons contenant des toxines). Les intoxications chez les humains peuvent elles aussi entrainer la mort ou des séquelles, souvent suite à la consommation de fruits de mer contaminés.

Les efflorescences de cyanobactéries sur des zones étendues (la plus grande connue à ce jour s’est étalée sur 22000km2 au large de l’estuaire du Mississippi) sont de plus en plus fréquentes et massives partout dans le monde. Elles se développent généralement à cause de la pollution d’origine agricole, de la pollution chronique de l’air, des lessives contenant des phosphates et du réchauffement de l’eau.

Quelles sont les solutions ?

La suppression des déversements d’eau polluée en mer, la construction de stations d’épuration, les stratégies de lutte contre les inondations brutales et l’érosion des sols, la réintroduction de castors (qui limitent le débit des cours d’eau) et la restauration des populations d’organismes filtreurs, notamment les coraux et les éponges.

Myriam Roelli