DU PLASTIQUE DANS LE SEL MARIN

Le plastique est partout, même dans nos condiments!

Une étude allemande, parue le 4 avril dans la revue Science Advances, révélait que les champs étaient infestés de microparticules de plastique. La faute à de mauvaises pratiques lors du compostage industriel, au tri pas toujours méticuleux et à la confusion induite par le terme « biodégradable » qui bénéficie d’un réel flou artistique.

Eeeeeexplications!

Un objet « biodégradable » indique qu’il se décomposera en une période plus ou moins courte, quelques mois généralement, contrairement à un sac à usage unique basique ou une bouteille en PET qui mettront plusieurs siècles à disparaitre.

Le hic, c’est que des industriels peu scrupuleux ont mis au point des objets « biodégradables » (des sacs pour le compost par exemple) à base de plastiques dérivés du pétrole, afin de répondre à la tendance, sans majorer les coûts à l’unité.

Résultat, au lieu de mettre 400 ans à disparaitre, ce plastique de mauvaise qualité se décomposera en quelques mois et diffusera des milliards de particules de plastique dans l’environnement à la vitesse grand V.

On préférera alors les produits dits compostables, en « bioplastique » d’origine végétale certifié, par exemple, par la norme EN 13432, qui, à moins qu’on nous mente et nous manipule, atteste que sa dégradation n’a aucun effet toxique sur le milieu. On reste dans l’objet à usage unique, ce qui n’est pas idéal, l’énergie grise reste conséquente, mais au moins on règle le problème de la pollution et de l’élimination.

Ainsi, en raison, entres autres, de ce faux « biodégradable », du compost contenant du vrai plastique a été copieusement épandu sur nos champs. Quand on vous dit que le plastique est PARTOUT, ce n’est pas juste une figure de style.

Des champs aux nappes phréatiques…

…Puis aux lacs, rivières, mers et océans. Entre les microplastiques provenant des exploitations agricoles pour les raisons évoquées plus tôt, et les 8,8 millions de tonnes de déchets plastiques déversées chaque année dans les océans qui diffusent lentement, mais surement leurs molécules, notre environnement est saturé et la biodiversité en paie le prix fort.

Ainsi, on retrouverait des microplastiques dans la majorité des fruits de mer, et d’après une étude malaisienne parue en avril 2017 dans la revue Scientific Reports, le sel de table ne serait pas épargné par le phénomène…. mais, après tout, ça n’est pas si surprenant.

Sel marin contaminé

Sur les 16 marques de sel provenant de 8 pays différents, 15 contiennent des traces de microplastique.

Pour réaliser cette étude, les scientifiques ont analysé différents sels marins conditionnés pour la vente en provenance d’Afrique du Sud, d’Australie, de France, d’Iran, du Japon, de Malaisie, de Nouvelle-Zélande et enfin, du Portugal. Les 41,6% du plastique retrouvés dans ces sels étaient des polymères, sous forme de petit débris, de film ou de filament. Miam.

Selon le biologiste et expert en pollution plastique Richard Thompson, la quantité de microplastique contenue dans le sel de table et les fruits de mer ne suffit pas à elle seule pour avoir de réels effets sur la santé humaine.

Toutefois, avec l’accroissement constant de la pollution plastique et les effets croisés des autres sources de microplastiques dans notre quotidien (contenants, films alimentaires, cosmétiques, eau en bouteille…), il y a de sérieuses raison de s’inquiéter.

Raison de plus pour éliminer le plastique de notre quotidien et de s’unir pour lutter contre ce fléau à tous les niveaux!

 

Leïla Rölli