TOURISME: ÇA TE DIT UN TOUR EN VACHE?

Et si on arrêtait avec les attractions animales?

Rentabilisons ces bêtes paresseuses!

J’ai une super idée qui pourrait changer la face de nos Alpes, dynamiser le tourisme et rentabiliser ces feignasses de ruminants: organisons des excursions à dos de vache pour les touristes. ça serait si bucolique!

Au programme, une montée-descente à l’alpage par demi-journée, plus un aller-retour supplémentaire au flambeau les soirs de week-end. Il faudra ajouter des veaux au cortège, parce que les veaux c’est mignon et que ça incite au selfie. Ça ferait une belle visibilité gratuite sur les réseaux sociaux. #cowselfie #tourenvache #lesalpesautrement

On pourrait également apprendre aux bovidés à boire du vin blanc de la région directement au goulot! J’ai vu que ça se faisait avec des chameaux et du coca. Ça fera rire les gamins et augmentera le facteur sympathie de l’attraction.

On va se faire des millions!

Choquant?

Quoi? Les vaches ne sont pas faites pour ça? Et les tours à dos de chameaux ou d’éléphants? Les photos souvenirs à califourchon sur des tortues centenaires? Les singes savants en laisse habillés comme des petites filles? Les fauves «dociles» assommés par des drogues pour des calins sans risque? Les parcs aquatiques où des mastodontes pataugent dans des dés à coudre? Ces animaux-là… sont-ils faits pour «ça»? La réponse est non.

Il n’y a pas lieu de hiérarchiser les espèces, vaches, pachydermes, félins ou anchois, aucune d’entre elles ne devrait être exploitée, ni par enjeux touristiques, ni pour l’industrie du divertissement… ni pour rien, finalement.

Les paysages, musées et plats typiques de nombreuses destinations touristiques ne suffisant plus à renflouer les caisses, des activités «incontournables» ont été développées pour que les vacanciers s’enjaillent en tissant un lien avec la faune jadis sauvage. D’après les organisateurs, et parfois, les agences de voyages, les animaux sont bien traités. Leurs maîtres leur tapotent le flan amicalement devant les clients. Les coups de fouets sont à percevoir comme des encouragements. Même si bien des dresseurs se défendent de respecter leurs animaux, la cruauté infligée par l’industrie du tourisme est aussi réelle qu’inadmissible.

Des témoignages à diffuser au plus grand nombre

Depuis quelques années, des témoignages relatant de cas de cruauté envers les animaux ont surgi sur internet. On y apprend, par exemple, que les éléphants sont soumis par la torture. Pour que les touristes puissent grimper sur un éléphant facilement et sans danger, les dresseurs le passe au phajaan, une technique très violente qui consiste à « briser l’esprit » de l’éléphanteau en le torturant.

Lorsqu’ils sont assez vieux pour être mis en service, on les équipe de nacelles, qui, à vide, font déjà 100 kilos. Ce poids, additionné à celui des touristes qui embarquent parfois à 4 sur une seule bête, fissure la colonne vertébrale des pachyderme, destinés à une vie de souffrance et d’épuisement.

Regardez plutôt le message de Julien, ancien bénévole de l’association Wildlife Friends Foundation Thailand:

Et pourtant, il y a toujours foule pour payer ce genre d’attractions . Une foule mal renseignée, une foule qui ne savait pas, une foule qui ne voit pas le mal ou qui minimise. Une foule qui s’en fout.

À ceux qui avancent l’argument que ces attractions font vivre des familles entières,  sachez que grâce à quelques ONG, il existe aujourd’hui des sanctuaires pour animaux rescapés. Ils y sont soignés par des employés payés équitablement. Les curieux sont les bienvenus pour regarder ces animaux (re)vivre et peuvent même donner un coup de main aux refuges, quelques heures, quelques jours ou pour plus longtemps.

Encore une fois, c’est nous, touristes, clients, consommateurs et citoyen, qui avons le pouvoir de changer les choses. Prenons conscience de notre pouvoir dans le jeu de l’offre et de la demande et privilégions les voyages éthiques et durables.

Sachez également que le partage des vidéos d’animaux mis en scène (déguisés ou réalisant des tours, les chiens qui sautillent sur leurs pattes arrière, les singes qui mendient en robe, etc.) sont également obtenues par la torture. Diffuser, ou simplement visionner, ces documents encourage leurs auteurs à continuer et incite d’autres à les imiter.

Leïla Rölli