PAILLES: L’INDUSTRIE BOUGE AUSSI!

Tetra Pack est en train de développer des pailles en papier pour ses berlingots

Un peu partout sur la planète, la bataille contre les pailles fait rage. Grâce à elle, les habitudes se modifient, les question se multiplient et on voit clairement se dessiner une guerre majeure contre l’ensemble des objets en plastique à usage unique.

Alors que les villes de Neuchâtel (Suisse) grâce à l’opération Papaille lancée par En Vert Et Contre Tout, Vancouver (Canada) et Brisbane (Australie) viennent d’annoncer simultanément leur volonté de bannir les pailles en plastique, que d’autres parts, suite à la décision de la Chine de ne plus accepter les déchets de l’Europe, l’UE se positionne contre les ustensiles en plastique jetables, les regards se tournent maintenant vers les industriels et la grande distribution pour savoir si des mesures vont être prises pour réduire les milliers de tonnes de déchets plastiques qu’ils génèrent quotidiennement.

Qu’adviendra-t-il des pailles en plastique

offertes avec les petits berlingots?

Des pailles en papier chez Tetra Pak

Dans un communiqué publié le 30 avril 2018, le géant suédois de l’emballage a annoncé avoir pour « objectif de lancer la paille en papier adaptée pour les emballages carton en portion avant la fin de l’année dans le cadre d’un programme visant à résoudre le problème des déchets de pailles en plastique. »

Le défi que s’est lancé Tetra Pak consiste à produire une paille en papier pratique, agréable, suffisamment rigide pour percer l’opercule et résistante pour ne pas se désagréger trop rapidement au contact du liquide.

Mais l’entreprise va plus loin. Elle souhaite changer les habitudes d’utilisation. Il s’agira également d’inciter le consommateur à remettre sa paille dans l’emballage une fois la boisson terminée. Elle pourra ainsi être collectée avec le reste de l’emballage, qu’il est désormais possible de rapporter dans de nombreux points de vente suisses.

En moyenne, les emballages Tetra Pak sont composés d’environ 75% de carton, la fabrication de pailles en papier constitueraient une étape importante s’inscrivant sur l’ambition à long terme du groupe d’offrir un portefeuille entièrement renouvelable.

La brique se recycle

Les briques à boisson sont le troisième emballage le plus courant avec environ 700 millions d’unités vendues par an. Jusqu’à l’année dernière, les briques de lait, thé froid et autre jus de fruits ne se recyclaient pas. La raison? Les couches presque indissociables des différents matériaux qui la composent, (plastique, carton, aluminium…), rendaient son traietement quasiment impossible. Mais depuis peu, les briques usagées peuvent être recyclées et, après transformation, utilisées pour fabriquer du carton ondulé.

« Au printemps dernier, la société Model AG à Weinfelden a mis en service la nouvelle installation Fibre Evolution pour le traitement des briques à boisson et des papiers difficilement solubles. Les matières premières récupérées servent à fabriquer des cartons ondulés de haute qualité qui pourront être transformés en emballages individuels ou en présentoirs de vente. En plus d’offrir une solution de retraitement ultramoderne, l’installation améliore l’efficacité énergétique du processus de recyclage.

La nouvelle installation permet de recycler toutes les briques à boisson rejetées en Suisse, soit 20 000 tonnes de briques à boisson vides. L’installation aurait les capacités suffisantes pour traiter le triple du volume de briques à boisson rejeté en Suisse. »

Les limites

Alors évidemment, c’est une nouvelle réjouissante de savoir que l’industrie cherche également à réduire les quantités astronomiques de déchets plastiques qu’elle engendre, il était plus que temps!!! Mais rappelons que le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. C’est également à nous, citoyen.ne.s, de réduire la demande globale en changeant nos habitudes de consommation et en favorisant un mode de vie qui tend vers le zéro déchet.

Sur l’échelle du greenkarma, une gourde vaudra toujours plus que 1000 berlingots!

Leïla Rölli