JE CONSOMME DEUX AVOCATS PAR AN

Cloé de Greeneat_ch nous parle de veganisme et d'ecoresponsabilité

Cloé de greeneat_ch est notre référence en matière de style de vie vegan. Dans ce nouvel article, elle répond aux clichés qui perdurent sur les vegans et leur alimentation.

«Tu es vegan ? Oh mais alors tu manges plein d’avocats et de fruits exotiques !»
«Et tes steaks de soja OGM du Brésil, ils sont écolo peut-être ?!»
«Etre vegan c’est un truc de bobo qui ne soutiennent pas les agriculteurs locaux.»

Vous pensez cela ou on vous l’a déjà dit ?

Pour faire suite à notre article au sujet d’une récente étude qui démontrait encore une fois qu’ « Un régime végétalien est probablement le seul moyen de réduire votre impact sur la planète Terre », je suis là pour vous démontrer que non, être vegan ne signifie pas consommer des avocado toasts, des bananes, des saucisses végétales ou du quinoa chaque jour. Mais que l’on peut tout à fait avoir une alimentation 100% végétale tout en consommant local et de saison au maximum.

Je parlerai ici de mon mode consommation personnel, mais sachez qu’une grande majorité de vegans partage cette façon de consommer, puisque le véganisme est un mode de vie qui va de pair avec une réflexion globale sur notre mode de consommation : Tendance zéro déchets, minimalisme, boycott de grandes marques industrielles etc. Ce qui va suivre sera assez semblable à mon premier article sur EVECT :  Mais il est toujours bon de répéter ce genre de choses pour faire cesser les clichés.

Mes placards et moi…

Pour vous faire une idée, j’ai 21 ans, je suis en master en droit, j’ai un job d’étudiant, je fais de la politique, j’ai un compte Instagram sur lequel je poste quotidiennement, je suis active dans plusieurs associations, j’ai une vie sociale et j’ai le plaisir de vous écrire des articles de temps en temps. Emploi du temps assez chargé, et pourtant, je prends le temps d’aller faire mon marché et mes courses en vrac.

J’ai une alimentation végétale à base d’aliments complets, c’est-à-dire que je consomme exclusivement des aliments végétaux et le moins possible de produits transformés. Mon frigo et mes armoires sont donc remplis de fruits, légumes, lentilles, pois-chiches, riz complet, farine complète, sarrasin, millet, flocons d’avoine etc.

« Oui mais du coup tu consommes plein de produits qui ne sont pas locaux. »

Pas plus qu’une personne ayant un régime omnivore en fait. Pourquoi ? Parce que je fais attention à la provenance de mes aliments et, achetant mes produits secs dans un magasin bio et en vrac, la provenance est souvent plus locale que dans un supermarché : j’y trouve des lentilles et des pâtes qui viennent de quelques kilomètres seulement de chez moi, du riz italien, des épices et de la farine suisses etc. Bien entendu, je consomme aussi des légumineuses, céréales et épices qui viennent de plus loin, mais en plus faible quantité. Oui, il m’arrive de consommer occasionnellement du quinoa qui vient du Pérou. Il est bio et Fairtrade et est donc cultivé sans produits tels que du glyphosate (contrairement à la version local) et dans des conditions tout à fait respectables ! (D’ailleurs, concernant le choix à faire entre bio et local – un choix pas des plus aisé – je vous conseille de lire ce livre de Lucien Willemin )

Être conscient.e de l’impact des aliments « super trendy »

Bref, ce n’est pas parce qu’on est vegan que l’on consomme quotidiennement tous les aliments super trendy que l’on peut voir sur Instagram ou Facebook : Avocado toasts, salades de quinoa, pudding de chia, smoothie bowls aux fruits exotiques etc.


Non, la plupart des vegans ont conscience de l’importance de suivre les saisons. Bien entendu, ce n’est pas le cas de tous, mais je pense pouvoir aisément dire qu’une grande partie est sensible à cela.
Dans tous les cas, même un vegan consommant passablement de produits transformés, d’avocats et des tomates en hiver conserve une empreinte écologique plus basse qu’un omnivore consommant des produits animaux quotidiennement (oui, une tranche de saucisson à l’apéro ou votre yoghourt du soir comptent). Et oui, c’est dur, mais c’est la réalité.

Privilégier les aliments bio, locaux et de saison!

En résumé, mes achats consistent en :

Fruits et légumes qui poussent en Suisse et sont facilement trouvables : Version locale et bio (si possible)
Fruits et légumes qui ne poussent pas en Suisse ou sont difficilement trouvables : Origine la plus proche possible et version bio (si possible)
Produits secs : En vrac et bio, le plus local possible.
Produits transformés : Le moins possible et si j’en prends, je privilégie la version bio et sans huile de palme, bien entendu !

Ci-dessous, un petit résumé plus détaillé :

Les fruits et légumes
Exit les tomates ou courgettes en hiver, les pommes étrangères, les haricots verts et les oranges d’Afrique du Sud, les prunes et melons du Maroc ou les pamplemousses d’Israël.
Je consomme local (si possible) et privilégie le bio, mais étant étudiante, le bio c’est parfois plus compliqué financièrement parlant. (En réalité, ça reste moins cher que de consommer de la viande tous les jours)

Les oléagineux
Ne cuisinant pas à l’huile, ma source principale de lipides sont les oléagineux. Les plus locaux et riches en nutriments sont les graines de lin et les noix. Pas besoin d’aller chercher très loin si on veut du local 😊 . Je dirais que les oléagineux sont le produit le moins « eco-friendly » dans une alimentation végétale du fait de leur grosse demande en eau. Il est vrai que beaucoup de vegan sont friands de tahini, noix de cajou ou lait d’amande, mais ces produits restent en général plus écolo et sain que de la charcuterie par exemple !

Le soja
Sachez qu’en consommant des produits animaux, vous consommez plus de soja qu’une personne vegan qui en mange disons 400g par semaine. Ah bon ? Et bien oui, plus de 70% du soja produit dans le monde est destiné à l’alimentation animale. Voyez par vous-mêmes dans cet article. En plus de ça, le soja destiné à la consommation humaine est pour le plus souvent européen, bio et sans OGM…

Les simili-carnés
« Pourquoi tu manges des trucs qui ressemblent à de la viande si tu veux pas qu’on en mange ?! ».
Les personnes vegan depuis un bout de temps ne consomment en général pas énormément de ces produits. Par la suite, on préfère faire nos simili’ nous-mêmes, à base de seitan ou de légumineuses ! Les simili’ industriels sont plutôt utilisés par les personnes venant de changer leur façon de s’alimenter et cherchent encore à recréer leurs plats « d’avant ». En réalité, je pense même que la majorité des personnes achetant des simili-carnés sont des omnivores qui cherchent à diminuer gentiment leur consommation de produits animaux (ce qui est déjà un bon pas en avant !) ou alors qui ont des invités vegan pénibles à la maison et qui ne savent pas quoi leur faire à manger… 😉

Les autres produits transformés
Bien entendu qu’il existe des tonnes de produits transformés vegan : chocolats, bonbons, biscuits, fromages, tartinades etc… Comme pour les produits transformés « traditionnels », il y a du bon et du moins bon. Mieux vaut jeter un œil aux ingrédients pour s’assurer que l’on ne consomme pas n’importe quoi. Cependant, une bonne partie des produits transformés vegan ont une composition relativement bonne. Pourquoi ? Sûrement car nous sommes des consommateurs exigeants qui n’aimons pas les ingrédients imprononçables et que les industriels le savent 😉

Ah et concernant l’huile de palme, c’est super de ne plus acheter de produits qui en contiennent, mais savez-vous que les animaux qui finissent dans vos assiettes, eux, en consomment souvent ?  Les producteurs de lait suisse auraient arrêté d’en utiliser, mais rien n’est moins sûr pour le reste (et cela ne fait pas du lait un produit « durable »).

Les avocats
Pour en revenir au titre de cet article, je ne consomme effectivement que 2 ou 3 avocats par année, quand j’ai des invités et qu’on fait du guacamole ou des sushis ou alors quand je vais au restaurant. Lorsque j’en achète, j’essaie de le prendre en bio et, si possible, européen. Ayant travaillé comme étudiante dans un supermarché durant plusieurs années, je peux vous assurer que les gens qui consommaient le plus d’avocats n’étaient pas les personnes qui n’achetaient pas de viande. Au contraire même…

Voilà voilà, je pense avoir parlé de tous les produits de base d’une alimentation végétale et j’espère vous avoir démontré qu’on pouvait manger vegan tout en consommant local, de saison, bio et même zéro déchets !
Il ne vous reste plus qu’à changer vos habitudes et vous y mettre. Je vous assure que ce n’est pas si compliqué que ça et que vous vous sentirez encore plus écolo dans l’âme que vous ne l’êtes déjà !
Si vous ne me croyez toujours pas, vous pouvez faire un petit tour sur ma page instagram où je publie de temps en temps mes repas : https://www.instagram.com/greeneat_ch/ . Vous verrez que c’est très local, et, je l’espère, donne envie 😉

Cloé Dutoit

Retrouvez toutes les recettes de Cloé (in english, please!) sur son site: Greeneatch.wordpress.com et sur son compte Instagram