ON EST PLUS CHAUD QUE LE CLIMAT : GRÈVE DES JEUNES EN SUISSE

Écoliers et étudiants se mobilisent pour leur avenir et celui de la planète !

« Ah ces jeunes, ils prétextent se préoccuper du dérèglement climatique pour pouvoir sécher les cours ! »
« Ce n’est en tout cas pas en manifestant un vendredi qu’ils arriveront à changer les choses. »

Vous n’avez pas pu louper l’information tellement elle fut relayée : le 18 janvier a eu lieu la première manifestation pour la grève du climat en Suisse romande !

Le mouvement a pris racine en Suède, avec la désormais fameuse Greta Thunberg, 16 ans, qui a débuté en faisant grève toute seule les vendredis après-midi devant le Parlement suédois et s’est retrouvée à faire un discours percutant et incisif à la COP 24 en décembre dernier :

La mobilisation a rapidement trouvé un écho et, en Suisse, s’est tout d’abord développée du côté de la Suisse alémanique où des grèves ont pris place à Zurich, Berne, St-Gall et Bâle le 21 décembre 2018.

Une réunion nationale a ensuite eu lieu le 30 décembre afin de mobiliser des jeunes de toute la Suisse – dont je faisais partie. Différents groupes ont été créé et ont échangé toute la journée sur différents sujets : mobilisation, revendications, réseaux sociaux, organisation, politique etc.

Une fois toutes et tous rentré.e.s dans notre région, la communication a commencé et les groupes what’s app se sont rapidement remplis ! Des groupes ont été créés pour chaque établissement souhaitant participer et des représentant.e.s pour chacun d’entre-eux se sont annoncés.e.s.
 Des groupes spécifiques ont également été mis en place : communication avec les médias, rapport avec les autorités etc.

  • Les revendications du mouvement qui se veut politique – mais apartisan – sont :
  • Le gouvernement doit déclarer l’état d’urgence climatique.
  • La Suisse doit prendre des mesures visant à atteindre un bilan net d’émissions de gaz à effet de serre nul dans le pays d’ici 2030, sans le développement, ni l’implémentation de technologies de compensation.
  • Dans le cas où il serait impossible d’accéder à ces revendications dans le système actuel, un changement de système est nécessaire pour surmonter cette crise.

Avec comme argument choc pour justifier une mobilisation en semaine et sur les heures de cours plutôt que le week-end :

« Rien ne sert d’étudier si notre avenir et celui de la planète sur laquelle nous vivons n’est pas assuré! »

Le mouvement souhaite clairement utiliser sa force pour faire pression sur les politicien.ne.s qui, de par leur politique des petits pas, ne prennent pas de mesures assez concrètes et drastiques face à l’état d’urgence climatique dont les conséquences dévastatrices pourraient se faire ressentir d’ici à seulement quelques années si des décisions ambitieuses et incisives ne sont pas prises. Bref, tout cela a abouti à la grève du 18 janvier qui fut un ÉNORME succès ! (malgré des décisions peu favorables de quelques établissements face aux absences des élèves) :

8’000 à Lausanne
4’000 à Genève
2’000 à Zurich
1’500 à Neuchâtel
1’000 à Bâle

Mais aussi à Sion, Bienne, Lucerne, Fribourg, Delémont…

Les pancartes et slogans étaient superbes et criants de vérité :

« Moins de banquiers, plus de banquise »
« Il n’y a pas de planète B »
« What I stand for is what I stand on »
« On vaincra la fin du monde »
« Quand c’est fondu c’est fini »
« Les calottes sont cuites »
« Respect existence or expect resistance » ….

À Neuchâtel, nous avons lancé un groupe à l’Université et organisé un atelier « banderoles et pancartes » avant la manif’, le tout avec du matériel principalement de récup’ et amené par tout le monde :

Mais le mouvement ne prend pas de repos, puisque de nouvelles mobilisations sont prévues dans diverses villes de Suisse le 2 février et une grève nationale aura lieu à Berne le 15 mars ! À Neuchâtel, la manif’ du 2 février sera d’ailleurs l’occasion de déposer une motion populaire aux autorités pour laquelle il nous faudra récolter des signatures.

Les détracteur.trice.s peuvent continuer à dénigrer le mouvement, il n’empêche que pour réussir à mettre en place une mobilisation en aussi peu de temps, prendre contact avec les médias et les autorités, penser à des slogans, créer des pancartes et affiches, gérer des réseaux sociaux, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers et être de « fainéant.e.s étudiant.e.s »…

Bref, on ne peut qu’espérer que cette mobilisation aura de belles répercussions et plantera de petites graines qui germeront très vite, car on en a bien besoin !

N’oubliez donc pas les mobilisations du 2 février et du 15 mars. Soyons encore plus nombreuses et nombreux !
Et petit rappel, pas des moindres : les élections fédérales sont en octobre, elles seront cruciales pour la politique écologique de ces prochaines années, alors il est grand temps de s’engager, de faire les bons choix et de mettre la pression !

À tout bientôt pour un prochain article et au plaisir de vous voir aux prochaines grèves 😉


Cloé Dutoit