L’alimentation durable, également bénéfique à notre santé ?

Un régime 2 en 1, pour un corps sain sur une planète saine.

En ces temps d’urgence climatique et écologique, il est nécessaire de remettre en question l’ensemble de nos habitudes de consommation et de questionner également les recommandations émanant des structures étatiques.

L’alimentation est une thématique plus qu’importante à ce titre, du fait des émissions de Co2 dont elle est responsable, mais également de ses impacts sur la biodiversité, l’acidification des eaux, etc.

Outre l’environnement, l’alimentation est également la base de notre santé. Les maladies non-transmissibles, telles que diabète, maladies cardio-vasculaires, obésité, etc sont en augmentation et ceci est très clairement lié à la manière dont une bonne partie de la population s’alimente.

Mais alors, quels sont les types

d’aliments ayant le moins d’impact

sur l’environnement ET la santé ?

Eh bien, ce sont les aliments d’origine végétale qui sont les plus respectueux de l’environnement, mais également de notre santé, c’est ce qu’une nouvelle étude publiée fin octobre dans la Proceedings of the National Academy of Sciences démontre (étude dont nous vous proposons une petite explication ci-dessous, mais que nous vous recommandons vivement de lire par vous-même afin d’en apprendre plus sur la méthodologie et le détail des résultats !).

Les chercheur.se.s introduisent leur étude comme tel :

« Les choix alimentaires évoluent à l’échelle mondiale d’une manière qui nuit à la santé humaine et à l’environnement. Nous examinons ici comment la consommation d’une portion supplémentaire par jour de 15 aliments différents est associée à 5 conséquences sur la santé chez les adultes et à 5 aspects de la dégradation de l’environnement due à l’agriculture.

Nous constatons que, bien qu’il y ait des variations importantes dans les résultats pour la santé des différents aliments, les aliments associés à une réduction plus importante du risque pour une maladie spécifique sont souvent associés à des réductions plus importantes du risque de maladie pour les autres résultats quant à la santé. De même, les aliments ayant un impact moindre sur une des conséquences environnementales ont tendance à avoir un impact moindre sur tous les autres.

De plus, parmi les aliments associés à une meilleure santé (céréales à grains entiers, fruits, légumes, légumineuses, noix, huile d’olive et poisson), tous, sauf le poisson, ont un impact environnemental parmi les plus faibles – le poisson ayant un impact tout de même nettement inférieur à celui des viandes rouges et des viandes transformées. Les aliments associés aux impacts environnementaux négatifs les plus importants – la viande rouge transformée et non transformée – sont constamment associés aux augmentations les plus importantes du risque de maladie.

Ainsi, une transition vers une plus grande consommation d’aliments sains améliorerait la durabilité environnementale de manière générale (à préciser que les aliments transformés riches en sucres nuisent à la santé mais peuvent avoir des impacts environnementaux relativement faibles). Ces résultats pourraient aider les consommateurs, les décideurs et les entreprises alimentaires à mieux comprendre les multiples répercussions des choix alimentaires sur la santé et l’environnement. »

Un panel de 10 millions de personnes

Cette étude décrit ainsi comment la consommation de 15 groupes différents d’aliments est associée avec cinq conséquences sur la santé et cinq aspects de la dégradation de l’environnement. Les chercheur.euse.s ont trouvé que les aliments ayant un aspect positif sur la santé de l’être humain sont également souvent ceux ayant l’impact environnemental le moins important, faisant que le régime alimentaire qui permettrait d’abaisser l’incidence des maladies non transmissibles aiderait également à atteindre des objectifs de développement durable.

Les effets sur la santé reportés dans l’étude ont été estimés en suivant le régime alimentaire et l’état de santé de 10 millions d’individus, principalement des personnes ayant un régime « occidental ».

Pour ce qui est des différents groupes alimentaires et leur impact sur la santé, les noix, féculents complets, légumineuses, l’huile d’olive et le poisson transformés au minimum sont associés à une réduction significative de la mortalité et/ou à un risque réduit pour une ou plusieurs maladies. La consommation supplémentaire par jour d’un de ces sept aliments est associée à une réduction significative du risque pour 20 des 34 critères d’effets sur la santé de ces aliments.

Pour ce qui est de la consommation supplémentaire d’une portion de produits laitiers, œuf ou poulet, son impact n’est pas anodin, mais reste moins négatif que la consommation de viande rouge et viande transformée qui atteint des niveaux passablement élevés !

Impact environnemental

de nos assiettes

Quant à l’impact sur l’environnement, la recherche démontre que les aliments ayant un impact environnemental relativement bas pour une portion quant à un seul des marqueurs environnementaux a très souvent un impact moindre pour les quatre autres indicateurs. Ainsi, lorsque l’impact environnemental d’un aliment est bas, il l’est de manière globale.

Ce sont constamment les aliments végétaux et non-transformés qui ont le plus faible impact environnemental (de même que les boissons sucrées, mais à la vue de leur impact sur la santé,  voilà voilà…). Les produits laitiers, œufs et poulet ont un impact modéré, mais pouvant s’avérer passablement élevé pour ce qui est de l’acidification, l’eutrophisation et l’usage des terres.

C’est la viande rouge transformée qui bat tous les records d’impact environnemental (mais ça, ça ne devrait plus étonner quiconque…).

 

Finalement, les chercheur.se.s arrivent à cette conclusion :

Les mêmes changements d’alimentation qui pourraient contribuer à réduire les risques de maladies non transmissibles liées à l’alimentation pourraient également contribuer à atteindre les objectifs internationaux de durabilité.

Mais alors, pourquoi est-ce que les gouvernements ne se décident pas à prendre des mesures fortes en vue d’abaisser la production et la consommation des aliments ayant un impact négatif sur la santé et l’environnement ?

Principalement l’habitude et les lobbys alimentaires.

Rien qu’en Suisse, si l’on s’intéresse par exemple à la Société Suisse de nutrition – qui participe à l’élaboration de la fameuse « pyramide alimentaire », considérée comme LA référence en matière de nutrition – reçoit de l’argent d’entreprise disons… quelque peu étonnantes : Nestlé, Bayer, Mc Donald’s, Emmi, Danone, Viande Suisse

Espérons que certain.e.s politicien.ne.s oseront faire des propositions allant dans le sens d’une alimentation plus végétale, biologique et locale, favorisant les petites exploitations agricoles et la vente directe.

Cela n’a aucun sens de continuer à subventionner des pratiques destructrices de l’environnement et de notre santé, mais cela doit se faire avec les producteur.trice.s concerné.e.s et non pas contre eux/elles !

A bientôt pour un prochain article!