Coronavirus: éléphants thaïlandais menacés de famine alors que le tourisme s’effondre

Traduction d'un article paru sur BBC News

Salut.

Aujourd’hui je te propose la traduction (assez libre, mais fidèle) d’un article publié sur le site de la BBC ce 31 mars 2020 et qui traite de la situation alarmante des éléphants en Thaïlande. Déjà victimes de violentes maltraitances en temps normal, puisqu’ils sont devenus l’attraction phare des séjours en Asie du Sud-Est, les éléphants, comme de nombreux autres animaux exploités, sont aujourd’hui menacés par la faim en raison de l’absence de visiteurs et donc de revenu.

Le COVID-19 ne cesse de mettre en lumière les nombreux problèmes de notre société et de la mondialisation de manière générale. Le tourisme de masse, son impact et surtout la dépendance de nombreux pays qui ont bâti une grande partie de leur économie sur cette industrie, ne sont qu’une perle de plus au grand collier d’emmerdes que noue l’humanité autour du cou de dame nature.

 

– Début de la traduction –

 

Plus de 1000 éléphants sont menacés de famine en Thaïlande en raison de la profonde crise que traverse l’industrie du tourisme à cause du coronavirus, selon des écologistes. L’absence presque totale de visiteurs prive de nombreux sites touristiques de revenu et les gardiens peinent à acheter de la nourriture pour les 4000 éléphants captifs de Thaïlande. Les pachydermes peuvent manger jusqu’à 200 kg de nourriture par jour, précise , journaliste à la BBC.

Lundi, la Thaïlande a signalé 127 nouveaux cas confirmés de virus, ce qui porte le total enregistré à 1 651. Lek Chailert, fondatrice de la Save Elephant Foundation, a déclaré à la BBC: « S’il n’y a aucun soutien à venir pour assurer leur sécurité, ces éléphants, dont certains sont enceintes, mourront de faim ou seront mis dans la rue pour mendier. . « 

Accessoirement, certains éléphants pourront être vendus à des zoos ou renvoyés à l’exploitation forestière illicite, l’utilisation des éléphants pour des travaux ayant été officiellement interdite en 1989. « C’est une perspective très sombre à moins qu’une aide financière ne soit reçue immédiatement », ajoute Lek Chailert.

Garder les animaux en bonne santé en assurant un alimentation suffisante est déjà un défi en temps normal, mais maintenant c’est la saison sèche, ce qui rend la situation encore plus extrême.

Kerri McCrae, qui gère le sanctuaire des éléphants Kindred Spirit à Mae Chaem, dans le nord de la Thaïlande, a déclaré que les villageois qui vivent à proximité avaient ramené sept éléphants dans sa région parce qu’ils ne recevaient plus d’argent du tourisme. « Nourrir les éléphants est une priorité, mais le problème est qu’il n’y a pas assez de forêt pour subvenir à leurs besoins », explique-t-elle. Kerri McCrae, originaire d’Irlande du Nord et cofondatrice du sanctuaire, doit conduire jusqu’à trois heures par jour pour trouver suffisamment d’herbes et de tiges de maïs pour nourrir les cinq éléphants dont elle a la garde. Elle ajoute que les gardiens d’éléphants locaux sont obligés de faire de même.

Le pays, qui dépend normalement du tourisme pour une grande partie de sa croissance économique, a été contraint de fermer ses frontières à tous les touristes et une grande partie du pays est en lock-out.

Les éléphants heureux, dit Kerri McCrae, balancent généralement la queue ou battent des oreilles ou se donnent même des bains de poussière pour se rafraîchir. Mais les éléphants sont déprimés lorsqu’ils ont faim, et on n’observe plus aucun de ces comportements à l’heure actuelle.

« Le pire des cas est que les propriétaires devront choisir entre eux et leurs éléphants », explique Mme McCrae. « Les gens d’ici n’ont pas grand-chose, mais ils font ce qu’il faut pour garder les éléphants en vie pour l’instant. »

– Fin de la traduction –
Que pouvons-nous faire pour aider ces éléphants? Si vous en avez les moyens, vous pouvez faire un don à des sanctuaires, en ayant vérifié préalablement qu’il s’agit bien d’un sanctuaire et non d’un organisateur de tours à dos d’éléphant. Plus les sanctuaires reçoivent de dons, plus ils peuvent sauver d’éléphants mais également aider des personnes en leur proposant un poste dans une structure respectueuse et garante du bien être des pachydermes.
L’autre manière d’aider et de parler de ce problème. Plus l’information circule, plus les chances de récolter des dons grandit.
Comme dit en introduction, les éléphants ne sont pas les seuls animaux menacés de famine alors que l’industrie du tourisme subit une crise sans précédant. Tigres, cétacés et autres êtres destinés à divertir les voyageurs en mal d’aventure subissent le même sort. Il est grand temps de mettre fin à ces activités et redonner liberté et autonomie à ces animaux, pour qu’ils n’aient plus à payer pour la connerie des Hommes.
Leïla Rölli