Toujours plus chaud, toujours plus tôt

Un mois de mai bien trop estival qui a de quoi inquiéter

Météosuisse a récemment publié un bulletin météorologique sur le mois de mai 2020 qui fait passablement froid dans le dos (ou qui donne des sueurs froides, c’est peut-être plus approprié vu le contenu).

Ainsi, le mois de mai 2020 est le troisième printemps météorologique le plus chaud en Suisse. C’est également le cinquième mois consécutif avec une durée d’ensoleillement bien supérieure à la moyenne.

Les experts de la Confédération indiquent que la moyenne nationale pour mai 2020 a été de 1 degré au dessus de la norme 1981-2010. Certains mois de ma ont même été de 2 degrés au-dessus de la norme, voire 3.5 degrés pour les plus étouffants.

Du côté de l’ensoleillement, également, les mesures sont exceptionnelles. A titre d’exemple, Bâle a connu un ensoleillement de 940à 950 heures, soit presque 100 heures de plus que 2011, précédente année record. Ces gigantesques augmentations, les villes de Zurich et Berne les ont également vécues.

Référence est faite à la floraison du sureau noir, qui a eu lieu 18 jours plus tôt que la moyenne 1981-2010 et peu ainsi être qualifiée de « très précoce » dans passablement de régions. Il en est de même pour les fleurs et les arbres…

Chiffre important pour les plus sceptiques : Le printemps 2020 a été le troisième printemps le plus chaud depuis le début des mesures. Or, les cinq printemps les plus chauds mesurés en Suisse ont tous été enregistrées après l’an 2000. Un chiffre qui démontre encore une fois que le réchauffement est croissant…

Ainsi, Météosuisse explique : « La température moyenne nationale du printemps au cours des 30 dernières années a été de 5 °C. Avant le fort réchauffement depuis la fin des années 1980, un printemps avec une moyenne nationale de 5 °C était considéré comme extrêmement chaud. L’ancienne valeur extrême est maintenant devenue la norme. Ces changements de température marqués sont parmi les signaux les plus impressionnants du changement climatique en Suisse.« .

On l’aura toutes et tous remarqué : les précipitations n’étaient pas nombreuses. Effectivement, elles n’ont atteint que 60 à 70% de la norme 1981-2010 sur une grande partie de la Suisse.

Ces chiffres sont passablement effarants et sauront, je l’espère, convaincre tou.te.s les plus sceptiques de l’anormalité et de l’urgence de la situation. Il est parfois nécessaires d’y faire face pour se souvenir de l’urgente nécessité de faire changer les choses.

Ces données sont claires et démontrent bien que nous connaissons un réchauffement climatique croissant depuis la fin du 20ème siècle. N’hésitez d’ailleurs pas à consulter les bulletins météorologiques/climatiques de MétéSuisse qui sont souvent facilement abordables et regorgent de chiffres dont il peut s’avérer intéressant de prendre connaissance.

Il serait grand temps que cet état de fait soit imprimé dans l’esprit de tout un chacun et que les mesures visant à limiter au maximum que la situation n’empire soient enfin prises…

Cloé Dutoit