MODE: MYCOWORKS, LE CUIR DE CHAMPIGNON

T'as vu mes bretelles en chanterelles?

Après le cuir d’ananas sensass’ dont je vous parlais ici, une start’up basée à San Francisco fusionne le règne des fungi et l’univers de la mode en créant un cuir à base de champignons.

MycoWorks redéfinit le monde de la maroquinerie avec ce nouveau produit à fort potentiel. Au toucher et à l’œil, rien ne distingue cette peau d’un cuir animal. Ses propriétés sont similaires et elle s’utilise aussi bien dans le meuble et l’automobile que l’habillement. Si tout se déroule comme prévu, dans quelques mois, votre prochaine paire de baskets pourrait bien être faite à partir de cette matière révolutionnaire. Révolutionnaire? Oui. Ici pas de souffrance animale, un bilan carbone à zéro, un prix imbattable de 5$ au pied carré (0,093 m2) et un super-pouvoir pour le moins étonnant.

Un champignon antifongique?

D’après Philip Ross, directeur du département technologie chez MycoWorks, le matériau aurait naturellement des vertus antibiotiques. Dans un cas pratique, une chaussure en cuir de champignon préviendrait le développement d’odeurs de vieilles chaussettes en empêchant les bactéries présentent sur la peau de proliférer. Plus besoin de sprayer ses godillots de produits chimiques après une randonnée, vos pieds sentiront aussi bon qu’un macaron LaDurée. J’exagère un rien, mais vous avez compris l’idée.

Comment ça marche?

Le laboratoire utilise le mycélium – la partie végétative et fibreuse du champignon – pour transformer des déchets végétaux en matière utilisable. Ce mycélium décompose la cellulose et réorganise les sucres et protéines. Un échantillon de la taille d’une peau de vache adulte ne mettra que quelques semaines à « pousser ». En comparaison, une bovidé est adulte à l’âge de 3 ans, demande 60 à 120 litres d’eau et mange 40 à 70kg de fourrage par jour. Et pour avoir un exemple plus concret, une paire de sneakers en cuir de vache représente des émissions équivalentes à 15kg de CO2. Le cuir-champi, lui, zéro.

Il est possible d’orienter le développement de la matière pour qu’elle feigne la peau ou les écailles. Elle peut ensuite être teinte, tout comme un cuir animal. Dans un monde idéal, grâce à Mycoworks, crocodiles, bovidés, raies et autres lézards n’auraient plus à finir en montre bracelet. En voilà une riche idée!

Leïla Rölli