Le spécisme traité au Parlement, une première en Suisse !

Une interpellation questionnant le Conseil fédéral notamment sur le sujet de l'exploitation animale et l'octroi de droits fondamentaux aux animaux

L’information a été passablement relayée par les associations et collectifs animalistes actif.ve.s en Suisse la semaine passée!

C’est Léonore Porchet, Conseillère nationale Verte qui a déposé une interpellation à ce sujet, co-signée par trois autres parlementaires, soit Meret Schneider et Nicolas Walder des Verts, ainsi qu’Ursula Schneider Schüttel du PS :

« Spécisme. Quelles pistes pour sortir d’une société maltraitante ? »

L’interpellation commence par définir le spécisme ainsi qu’en faire un bref historique. Elle rappelle ensuite la réalité, soit le fait qu’en Suisse, plus de 70 millions d’animaux terrestres sont abattus chaque année, sans compter ceux qui sont importés sous forme de chaire…

Un lien entre l’exploitation des animaux et l’émergence de zoonoses, tel le COVID-19 est fait, de même que l’impact environnemental monstre de cette industrie.

Finalement, plusieurs questions sont posées au Conseil fédéral :

« 1. Quelle est la position du Conseil fédéral face au défi qu’est le spécisme ?

  1. Comment peut-il l’intégrer comme un axe prioritaire de sa politique publique ?
  2. Quelles pistes et mesures envisage-t-il pour lutter contre les problèmes décrits ci-dessus et évoluer vers une société sans exploitation animale et cohabitant plus justement avec les animaux sentients ?
  3. Quelle révision législative pourrait-il envisager en vue de conférer progressivement aux animaux sentients des droits fondamentaux, tout en favorisant l’adaptation économique et sociale du pays ? »

Les interrogations portées au Conseil fédéral sont extrêmement pertinentes et complètes, mettant le doigt sur le fait que le spécisme est une réelle problématique de politique publique et nécessite un changement sociétal concret, impliquant la modification de diverses lois, voire la création de nouvelles.

La notion de « droits fondamentaux » est également abordée, une notion fondamentale alors que les animaux sont toujours considérés comme des choses au sens du droit suisse et que cette conception peine énormément à changer…

Un tournant politique en Suisse?

Certain.e.s parlent de « tournant politique » pour la Suisse. Toutefois, il reste à voir quelle sera la réponse du Conseil fédéral et si d’autres interventions et objets de ce type suivront, tant au niveau fédéral que cantonal. En effet, tout reste à faire sur cette thématique, ceci alors que des dizaines de millions d’animaux sont abattus chaque année sur le territoire suisse à des fins purement économiques…

Mais l’on peut en tout cas signaler que l’investissement conséquent des militant.e.s de la cause animale ces dernières années aura porté ses fruits et qu’ils et elles sont toujours plus nombreux.ses, ainsi que remercier les parlementaires courageux.ses qui ont osé, enfin, amener cette thématique devant le Parlement fédéral.

Affaire à suivre de très près donc…

Cloé Dutoit